Protocole MOST : un système d’intervention clinique rassembleur

Techniques
6 novembre 2017

Protocole MOST : le connaisez-vous?

Protocole MOST

Le Protocole MOST, enseigné entre autres par l’Académie de massage scientifique, a longuement été réfléchi et élaboré par le Centre de recherche sur les applications thérapeutiques du toucher (CRATT).

M-O-S-T.

Que peuvent bien signifier ces quatre lettres?

Non, il ne s’agit pas d’une technique obscure ou d’un nom d’un personnage mystérieux, mais d’un sigle correspondant aux termes Massothérapie Orthothérapie Solution Thérapeutique.

Le protocole constitue donc un cadre d’intervention clinique en massothérapie et en orthothérapie.

En d’autres termes, il s’agit d’un protocole, divisé en 7 étapes, destinée aux massothérapeutes et orthothérapeutes qui souhaitent optimiser les résultats thérapeutiques chez leurs clients.

 

Devenir un massothérapeute professionnel : plus que des techniques de massage

Maximiser le soulagement des douleurs musculo-articulaires et diminuer les effets du stress sur le corps du client, voilà le nerf de la guerre en clinique.

Et plusieurs aspects entrent en ligne de compte dans cette équation d’optimisation. Parce que, oui, les actions des massothérapeutes et des orthothérapeute vont au-delà de la simple exécution des techniques de massage et de mobilisation musculaire.

En effet, les thérapeutes doivent tenir compte de la totalité de leur intervention: avant le massage, pendant et après.

C’est la qualité de l’ensemble de l’expérience qui différencie un soin professionnel de haut niveau d’un simple massage ponctuel, sans prise en charge. C’est également ce qui vous permet de maintenir le soulagement, prévenir les récidives et donc d’obtenir des résultats performants à moyen et long terme.

 

Le fruit de plus de 5 ans de recherche!

Les 7 étapes du Protocole MOST viennent donc uniformiser et encadrer l’intervention du thérapeute. Et sachez que ce processus n’a pas été conçu au hasard, loin de là!

Il a été conçu à la suite d’une grande étude du Centre de recherche sur les applications thérapeutiques du toucher (CRATT), en collaboration avec Massothérapie Québec et l’Association professionnelle des massothérapeutes spécialisés du Québec Mon réseau plus. Le docteur Angelo Fallu, psychiatre et directeur de la clinique Woodward, s’est également impliqué dans la démarche et en a entériné les conclusions en 2014.

Sur une période de plus de 5 ans, près de 2900 dossiers de traitements thérapeutiques de massothérapie ont été analysés. Tous provenaient de professionnels en massothérapie et en orthothérapie cumulant chacun plus de 1000 h de formation.

L’objectif de l’étude : qualifier les différents résultats cliniques obtenus pour ensuite décortiquer et définir les interventions effectuées qui ont engendré les meilleurs résultats pour les clients.

Et, fait intéressant : les observations cliniques durant la recherche ont permis de constater que tous les meilleurs massothérapeutes étudiés, et ce, peu importe les techniques spécifiques privilégiés, poursuivaient effectivement les mêmes démarches!

 

Les 7 étapes du protocole MOST

Les 7 étapes distinctes ont donc été définies* :

  1. Mettre en confiance le client
  2. Prédisposer le client à la relaxation
  3. Cerner la problématique et les besoins et les attentes du client
  4. Détendre et assouplir les tissus du corps
  5. Effectuer les actions thérapeutiques clés
  6. Évaluer la séance et prodiguer des conseils
  7. Établir ou réviser le plan de soins ou le plan préventif

*Notez que les thérapeutes effectuent l’ensemble de ces actions en respectant en tout temps leur champ d‘expertise.

 

Toutes ses actions sont cruciales prises isolément. Mais l’aspect le plus intéressant est la puissance de leur combinaison.

En effet, le cumulatif des effets bénéfiques découlant de la mise en pratique de l’ensemble de ces étapes surpasse largement la simple addition des effets individuels!

C’est donc ce processus qui est mis de l’avant par Massothérapie Québec, un organisme de certification des compétences des massothérapeutes qui regroupe des thérapeutes de l’industrie provenant de différentes associations professionnelles et écoles de formation.

Tous ses massothérapeutes cliniciens MQ doivent ainsi maitriser ces différentes étapes, en comprendre tous les tenants et aboutissants et les appliquer dans leur pratique quotidienne.

Voici donc un résumé rapide et succinct des concepts guidant les 7 étapes du Protocole MOST :

 

1. Mettre en confiance le client

Il est important que, dès son arrivée, le client se sente en confiance avec son thérapeute.

Cela peut sembler une évidence! Mais le massothérapeute doit être conscient de cette étape et être attentif aux signaux que le client envoie. Il doit donc mettre en place les éléments pour bâtir cette relation.

Cela passe donc par la présentation de soi, en tant que professionnel crédible et à l’écoute, et par la présentation de sa clinique, les lieux, l’environnement, l’équipement, etc.

 

2. Prédisposer le client à la relaxation

Une fois en confiance, le client doit pouvoir entrer dans un état de relaxation.

Qui n’a pas été déjà été tracassé par un environnement inhospitalier?  Attendre sur une chaise droite dans un hall à la propreté douteuse, où résonne répétitivement la sonnerie aiguë du téléphone de la réception … juste y penser et on se crispe!

Le diable est dans les détails! Pensez aux cinq sens : tous doivent capter ce message de détente et de sérénité.

La vue : décor paisible, épuré et propre, lumière tamisée
L’odorat : odeurs agréables (aromathérapie) sans être trop agressantes
L’ouïe : musique douce et apaisante, absente de bruit brusque ou soudain
Le gout : tisane, eau aromatisée
Toucher : température agréable, fauteuils confortables

 

Ce sont de petits détails, qui peuvent sembler anodins. Mais combinés, ils peuvent véritablement créent une ambiance prédisposant à la détente avec de véritables bienfaits.

Et sachez que, en travaillant dans le même espace tous les jours, il est fort probable qu’on ne remarque plus les irritants potentiels. C’est la raison pour laquelle il faut parfois changer de point de vue!

Se mettre quelques minutes dans la peau du client, observer l’environnement et prendre le temps de corriger les éléments perturbateurs en vaut véritablement la peine.

 

3. Cerner la problématique, les besoins et les attentes du client

À chaque rencontre, le massothérapeute doit se renseigner sur les antécédents de santé de son client, l’histoire expliquant son état actuel et la raison de sa visite.

Il est effectivement nécessaire de comprendre l’état de santé physique, physiologique et psychologique de la personne qui recevra le traitement.  A-t-il des maladies ou des symptômes graves présentement? Où ressent-il de la douleur ou de l’inconfort? Prend-il des médicaments qui pourraient amener une contre-indication pour certains traitements de massothérapie? A-t-il des lésions cutanées? Est-ce qu’il des moments très stressants? etc.

Cette cueillette d’informations peut se faire à l’aide d’un formulaire, d’un entretien, mais aussi à l’aide d’observations ou de palpations. Être à l’écoute, montrer de l’empathie et savoir analyser rapidement et efficacement sont des aspects très importants à cette étape.

C’est également le moment de comprendre les besoins et les attentes du client concernant le traitement de massothérapie ou d’orthothérapie qui sera offert. Le but est d’adapter ses interventions en conséquence.

Et, surtout, il est important de communiquer clairement le plan de la séance, les bienfaits et les résultats escomptés.

Il est à noter que le thérapeute doit respecter sans équivoque les limites de son champ de compétence. Il doit effectivement être en mesure d’orienter correctement le client vers un autre spécialiste si besoin il y a.

 

4. Détendre et assouplir les tissus du corps

La première phase du massage en tant que telle consiste en une relaxation musculaire. Cette étape est essentielle et primordiale pour l’optimisation des résultats. Le but : détendre et assouplir les tissus des couches superficielles vers les couches profondes.

Cela permet d’activer le système nerveux parasympathique et donc de mettre en repos le système nerveux central ainsi que d’élever le seul de tolérance à la douleur en favorisant entre autres la sécrétion d’endorphine.

L’état profond de relaxation prépare le corps pour les actions thérapeutiques qui suivront tout en amoindrissant le risque de réaction de défense musculaire.

 

5. Effectuer les actions thérapeutiques clés

Après s’être assuré de la détente musculaire et nerveuse du client, il est maintenant temps d’effectuer les manœuvres de massage et les mobilisations musculaires sur les zones ciblées.

Compte tenu de l’étape précédente de relaxation, il sera alors plus facile d’appliquer plus profondément les mobilisations musculaires. Notez que ces mobilisations consistent en des mouvements passifs et doux pour étirer les muscles antagoniques tout en respectant l’amplitude normale et en restant sous le seuil de la contraction réflexe.

En aucun cas, les massothérapeutes et orthothérapeutes n’effectuent des gestes brusques et secs!

Les mobilisations musculaires sont sans danger et agréables à recevoir. Curatives et préventives, elles procurent un bien-être immédiat sans effets secondaires dangereux.

 

6. Évaluation de la séance et conseils

Une fois le massage terminé, le thérapeute informe le client des observations qu’il a pu faire en cours de traitement : tensions existantes, zones problématiques, etc.

C’est le moment également d’obtenir une rétroaction de la part du client. Comment se sent-il physiquement comparativement à son état préalable? Quelle est l’évolution de son niveau de stress?

Le thérapeute peut également octroyer des conseils selon son champ de compétences concernant des exercices ou des étirements à effectuer à la maison.

 

7. Établir ou réviser le plan de soins ou le plan préventif

La septième et dernière étape consiste en la mise à jour du dossier du client, ou à sa création s’il s’agit du premier rendez-vous.

Le thérapeute évalue ainsi s’il faut planifier d’autres rencontres pour poursuivre et optimiser le résultat du traitement. Et, si oui, selon quels intervalles et fréquences.

Un plan préventif peut également être établi avec le client pour aller au-devant des possibles douleurs ou états de stress.

 

L’Académie de massage scientifique est fière d’enseigner le Protocole Most depuis son élaboration et d’avoir adapté ses programmes ainsi que ces évaluations certificatives aux exigences de haut niveau de Massothérapie Québec, permettant ainsi à tous ses étudiants de devenir massothérapeutes cliniciens MQ directement à la suite de leur diplomation!

 

Pour en savoir plus :
Massothérapie Québec
Le processus d’intervention

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